Niger, de l'électricité à partir de jacinthes d'eau

Publié le par Frédéric L.

Niger, de l'électricité à partir de jacinthes d'eau
Élève ingénieure en eau et assainissement, Mariama Mamane est la fondatrice de Jacigreen.
« On peut faire mieux et utiliser la jacinthe pour résoudre des problèmes, garantit l’étudiante, avec assurance. A partir des plantes arrachées, on peut produire un engrais naturel. La méthanisation produit un biogaz qui peut être transformé en électricité. »
 
Cette startup nigérienne développe actuellement un procédé révolutionnaire qui permet d'utiliser les jacinthes d'eau pour produire du biogaz, tout en nettoyant les rivières et les lacs.
L'idée peut paraître saugrenue. Mais après tout : si l'on peut obtenir du biogaz à partir de gazon en décomposition, pourquoi ne pas en faire autant avec des plantes aquatiques ? C'est en tout cas le pari de Mariama Mamane, élève ingénieure à l'Institut national d'ingénierie de l'eau et de l'environnement (2iE) de Ouagadougou. Cette jeune Nigérienne de 27 ans a développé un projet de compostage en anaérobie (adjectif qui désigne un milieu dépourvu d'oxygène sous forme de dioxygène) utilisant les jacinthes d'eau pour produire du biogaz. Cette source d'énergie pourra ensuite être transformée en électricité. La ressource est non seulement renouvelable, mais elle produit également très peu de déchets -verts-, qui sont d'ailleurs valorisés sous forme d'engrais.
Autre avantage : le nettoyage et le désencombrement des cours d'eau et des lacs. Originaire d'Amazonie, la jacinthe d'eau a en effet été largement implantée dans les régions tropicales pour son attrait esthétique. Mais n'ayant pas de consommateur naturel dans ces milieux, elle s'y est développée rapidement et massivement, menaçant l'équilibre-même des écosystèmes locaux. C'est le cas des zones humides au Niger, progressivement asséchées et asphyxiées par cette plante envahissante.
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article